La lettre 385 – Mai 2020

Timbre 385

Le timbre du mois

C’est la première fois que notre Lettre est affranchie par un timbre tunisien. À notre connaissance, au moins 4 autres timbres de ce pays pourraient figurer dans une collection de spéléophilatéliste. La grotte de Aïn Dhab est située dans le djebel Serj, une montagne calcaire au centre de la Tunisie qui culmine à 1 357 mètres. Cette cavité est composée d’une rivière souterraine et d’une succession de neuf salles ornées de gours et de concrétions dont de longues fistuleuses atteignant les six mètres. Son développement est de l’ordre de 3 km. Le timbre d’Ain Dhab a été émis en 2019.

Laos

 Brillants résultats “L’expédition s’est tenue du 22 février au 18 mars dans notre secteur habituel depuis 1998, à Vang Vieng au nord du Laos, L’équipe rassemblait José Leroy et Louis Renouard du SCP ainsi que quatre membres du Club alpin français de Marseille dont notre ancien condisciple Olivier Luschevici, L’objectif principal a été le réseau de Tham Houey Yè, avec la découverte de centaines de mètres de galerie dans les étages supérieurs de l’extrême amont, portant le développement à 13 kilomètres. Ce réseau conforte sa place de plus grande cavité de la région de Vang Vieng et compte parmi les dix plus longues du Laos. Une autre grotte, Tham Pha Bong, découverte par José, a livré trois cent mètres de réseau après plusieurs désobstructions (exploration à poursuivre) ainsi que des vestiges archéologiques (foyers, ossements). Une autre expédition est déjà prévue pour la prochaine saison sèche début 2021.”

Des nouvelles de l’exploration de la grotte d’Arphidia (Massif de la Pierre Saint-Martin)

Arphidia

Notre ami pyrénéen Michel Douat nous a contacté pour obtenir l’article d’Éric Segond  sur sa plongée dans la grotte d’Arphidia, paru dans notre bulletin Grottes et Gouffres n° 89 septembre 1983. Rappelons qu’Éric Segond, qui venait d’être élu vice-président de notre club, est mort le 1er janvier 1984 en plongée dans la grotte des Cent-Fonts (Hérault). La grotte d’Arphidia a été coupée en deux par  le creusement du tunnel (commencé en 1956) qui a atteint l’énorme salle de la Verna  découverte en août 1953 par Georges Lépineux, Jimmy Théodor, Daniel Epelly, Michel Letrône et Georges Ballandraux. Le Spéléo-club de Paris a fait une topographie de l’amont de la grotte d’Arphidia (Claude et Jacques Chabert, Jacques Sautereau). En juillet 2010 l’accès à cette salle a été aménagé pour les touristes qui peuvent même s’y rendre en fauteuil roulant, ce qui fut le cas de notre camarade Jean Mauvisseau, décédé il y a peu (Lettre de mars 2020). Michel (Mickey pour les intimes) nous a répondu après avoir reçu l’article qui « va me permettre de continuer à écrire une synthèse des explorations dans la grotte d’Arphidia. Si, comme c’est probable, nous ne pouvons pas poursuivre nos recherches cet été sur le versant espagnol de la Pierre Saint-Martin, nous reviendrons dans Arphidia et notamment au siphon plongé par Éric. Pas pour le replonger, mais pour atteindre une grosse lucarne au dessus du siphon. Nous n’envisageons pas de plonger le siphon E. Segond car il y a une plongée plus facile à faire pour atteindre la partie inconnue du collecteur entre Arphidia et la résurgence. En 1985, nous avions atteint le collecteur dans le trou du Renard, gouffre situé au fond de la vallée de Sainte Engrâce. Vers l’amont, nous nous étions arrêtés sur un vaste siphon à seulement 800 m du siphon E. Segond. La différence d’altitude entre les deux siphons est 65 m. Tout n’est donc pas noyé entre les deux.

Dans son texte, Eric fait une constatation intéressante : la présence de dépôts d’argile jusqu’au sommet du puits de 119 m soit vers l’altitude 850 m. Il conclut qu’il doit y avoir des remontées d’eau jusqu’à cette altitude. Effectivement nous l’avons constaté par deux fois lors de nos explorations. On peut avoir des remontées d’eau de l’ordre de 280 m par rapport au siphon, ce qui veut dire que plusieurs kilomètres des galeries d’Arphidia peuvent être momentanément noyées. »

Ah ces pauvres chauves-souris !

Vu ce cliché dans une  revue grand public :

Chauve souris marché

Chauves-souris cuites dans un marché de la grande île de Célèbes (Indonésie). Il ne s’agit pas d’animaux cavernicoles, mais des  roussettes, des mégachiroptères frugivores pouvant atteindre 1,70m d’envergure. Ces marchés d’animaux exotiques sont considérés comme une source probable de la transmission à l’homme du Covid.19. Ces chauvessouris sont jugées « vulnérables », et pratiquement en voie d’extinction. Elles ont déjà disparu dans le nord de l’île.

Les voilà maintenant victimes d’une anagramme… sans doute exagérée :

 CHAUVES-SOURIS  >> SOUCHES À VIRUS

La 30e Rencontre d’Octobre

Les Rencontres d’Octobre demeurent la seule manifestation annuelle permettant aux chercheurs et aux explorateurs de se rencontrer et d’échanger. Malgré la modicité des moyens mis en œuvre, les Rencontres d’Octobre constituent à présent un moment important dans la vie de la spéléologie française. Elles perpétuent cette tradition de recherche, à mi-chemin entre la science (spéléologie physique et karstologie) et le sport. Les Rencontres d’Octobre ont été créées en 1991 à l’initiative du regretté Jacques Choppy, membre du Spéléo-club de Paris. Depuis 2004, année de la disparition du fondateur, la direction scientifique est assurée par Jean-Yves Bigot, sauf lorsque celui-ci est en exploration au Pérou. Chaque Rencontre est suivie de la publication d’Actes regroupant les communications présentées par les participants ou transmises par des correspondants.   L’organisation de la 30e Rencontre d’Octobre sera assurée par notre ami iconais (habitant de l’Yonne) Gilles Souchet dans le beau village de Mailly-leChâteau au sud du département, sur les bords de l’Yonne, les 10 et 11 octobre. Les rochers du Saussois, site d’escalade très fréquenté, sont à 3 ou 4 km du village. En fait, pour le moment, nous ignorons si les conditions nous permettront de nous rendre si loin, d’y trouver gîte et couvert, le département, comme tout le nord de notre pays, étant classé rouge.

La disparition d’un ami

Notre amie Cécile Durand, du Spéléo-club alpin languedocien, nous a appris le 7 mai le décès de son compagnon Marc Dupin (né en 1951). Nous avons bien connu ce spéléo expérimenté, avec lequel nous avons visité quelques grottes lors des dernières réunions de l’ANAR. « Il s’est battu contre le covid mais celui-ci a été plus résistant que les étroitures et Marc n’a pas tenu le choc. » nous a dit Cécile.

L’avenir de nos conférences

Il est possible que le passage à vide que nos réunions connaissent actuellement dure encore plusieurs mois. Les règles appliquées pendant cette période de déconfinement que nous traversons ne nous permettent pas de reprendre rapidement nos réunions de la rue Boissonade. Des contacts ont été néanmoins pris avec plusieurs futurs intervenants sans qu’aucune date ne puisse être fixée.


Rédacteur : Jacques CHABERT

Avec l’aide précieuse de Jean TAISNE, Daniel et Jasmine TEYSSIER et la collaboration de Eynard DE CRÉCY, Gilles THOMAS, Mathilde RESSIER (site web), Louis RENOUARD, Catherine VAN QUACKEBEK

Auteur de l’article : Spéléo-Club Paris

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